Pourquoi ne pas fixer son prix à partir d'un taux horaire ?
Se demander « combien vaut mon heure » est le réflexe le plus courant. Il pose deux problèmes. Il plafonne ton revenu au nombre d'heures que tu peux vendre. Et il pousse le client à comparer ton tarif à un salaire horaire, alors qu'il devrait le comparer à ce que ton travail lui rapporte.
Le taux horaire ou le TJM (taux journalier moyen) reste utile comme outil de contrôle : il te dit si un prix est viable. Il ne doit pas être ce que tu vends. Test rapide : si ta réponse à « c'est combien ? » commence par une durée plutôt que par un résultat, tu vends du temps.
Étape 1 : comment calculer son prix plancher ?
Le prix plancher, c'est le montant en dessous duquel ton activité ne tient pas. Trois nombres suffisent.
- Ton revenu net visé sur l'année.
- Tes charges : cotisations sociales, impôts, logiciels, assurance, déplacements. En micro-entreprise, les cotisations sociales prennent 25,6 % du chiffre d'affaires pour les prestations de services libérales (BNC) et 21,2 % pour les prestations commerciales ou artisanales (BIC), taux 2026 publiés par l'Urssaf ; vérifie celui de ton activité, il change d'une année sur l'autre.
- Ta capacité réelle : combien de clients tu peux suivre en même temps, ou combien de jours tu peux facturer. Repère utile : le forfait jours d'un cadre salarié est plafonné à 218 jours travaillés par an, et un indépendant n'en facture qu'une partie, le reste part en prospection, administratif et périodes creuses.
| Profil (exemple) | Calcul | Prix plancher |
|---|---|---|
| Freelance, 60 000 € de chiffre d'affaires visé, 150 jours facturables | 60 000 ÷ 150 | 400 € par jour |
| Coach, 4 000 € par mois de chiffre d'affaires visé, 8 clients en parallèle | 4 000 ÷ 8 | 500 € par client et par mois, soit 1 500 € pour 3 mois |
| Consultant, 90 000 € visés, 15 missions par an | 90 000 ÷ 15 | 6 000 € par mission |
| Formateur, 50 000 € visés, 100 jours de formation | 50 000 ÷ 100 | 500 € par jour, à multiplier par groupe |
Ces lignes sont des exemples de calcul, pas des tarifs de marché. Le piège est dans le dernier nombre : quand on débute, on a tendance à compter sa capacité sur une semaine idéale. Un accompagnement individuel sérieux demande du temps entre les séances (messages, préparation, suivi), à compter dans la capacité.
Étape 2 : comment vérifier son prix contre la valeur pour le client ?
Le plancher dit ce dont tu as besoin. Il ne dit rien de ce que le client accepte. Estime ce que ton travail rapporte ou économise à la personne en face, sur un an.
- Freelance développeur : un outil qui fait gagner 5 heures par semaine à une équipe de 3 personnes, soit environ 700 heures par an.
- Coach business : aider un indépendant à signer deux clients de plus par mois à 800 € représente environ 19 000 € sur un an.
- Consultant commercial : faire passer le taux de signature d'une équipe de 20 à 25 % sur 400 rendez-vous par an, c'est 20 contrats de plus.
Si ton prix est une petite fraction de cette valeur, il se défend presque seul. S'il s'en approche, le prospect n'a plus de raison d'acheter. Quand le résultat n'est pas financier (bien-être, sport, développement personnel), la comparaison est plus difficile et les prix sont en général plus bas à format égal. Cette valeur, c'est aussi ce que tu feras dire au prospect pendant l'appel : voir les questions d'un plan de découverte.
Étape 3 : comment se situer par rapport au marché ?
Plutôt que de te fier à des fourchettes génériques, fais ton propre relevé en une heure.
| Source | Ce que tu y trouves | Pour qui |
|---|---|---|
| Baromètre des tarifs de Malt | TJM moyens par métier et par expérience | Freelances tech, marketing, conseil |
| Pages de vente de 10 concurrents | Prix affichés, formats, garanties | Coachs, formateurs, infopreneurs |
| Appels d'offres et plateformes de missions | Budgets réellement proposés par les clients | Consultants, agences |
| Trois clients passés ou prospects perdus | Ce qu'ils payaient avant, ce qu'ils ont trouvé cher | Tous |
Place-toi ensuite en connaissance de cause. Nettement en dessous du marché, tu envoies un signal de doute : un service qu'on ne peut pas tester avant l'achat est jugé en partie sur son prix. Nettement au-dessus sans preuve (références, résultats, spécialisation), tu passeras ton temps à te justifier.
Baisser son prix par manque de confiance et proposer un tarif de lancement assumé, ce n'est pas pareil. Un tarif de lancement est temporaire, annoncé comme tel, et donné en échange de quelque chose : un témoignage détaillé, une étude de cas, l'accord pour citer le client.
Étape 4 : faut-il proposer plusieurs formules ?
Oui, en général trois. Une seule offre pose la question « oui ou non ». Trois formules posent la question « laquelle », et donnent un point de comparaison qui rend la formule centrale raisonnable.
| Formule | Rôle | Exemple pour un coach |
|---|---|---|
| Essentielle | Porte d'entrée, périmètre réduit | 6 séances en 6 semaines, 900 € |
| Complète | Celle que tu veux vendre | 3 mois, séances et suivi entre les séances, 1 500 € |
| Premium | Ancre haute, accès rapproché | 6 mois, suivi quotidien et plan d'action écrit, 3 600 € |
Deux règles. Chaque formule doit se distinguer par ce qu'elle change pour le client, pas par des gadgets. Et la formule haute doit être réellement vendable : si personne ne la prend jamais, elle ne rassure plus personne. Côté forme, un prix en 7 ou en 9 (1 497 €) rappelle les codes de la promotion et de l'infoproduit ; pour un accompagnement sur mesure ou une mission B2B, un montant rond (1 500 €) colle mieux au positionnement.
Étape 5 : comment savoir si tu tiendras ton prix ?
Un prix bien calculé peut échouer pour une seule raison : la façon dont tu le dis. Prononce ta phrase exacte, dix fois de suite, en t'enregistrant : « L'accompagnement complet, c'est 1 500 €. » Puis écoute trois choses.
- Ta voix monte à la fin. L'affirmation devient une question, et le prospect entend une demande de permission.
- Une justification arrive toute seule. « Mais tu peux payer en trois fois… » : tu fais une concession que personne ne t'a demandée.
- Tu accélères sur le montant. Tu veux passer vite à autre chose, et le prospect l'entend.
Si l'un des trois apparaît, deux corrections sont possibles : enrichir l'offre jusqu'à ce que le montant te paraisse juste, ou répéter jusqu'à ce que la phrase devienne neutre. Baisser le prix pour te sentir mieux est presque toujours la mauvaise option. Le moment et la formulation de l'annonce sont détaillés dans l'article sur l'annonce du prix et dans celui sur le silence en appel de vente.
Teste ton prix face à un prospect qui négocie
Décris ton offre et ton tarif. Un prospect IA joue l'appel de vente à voix haute, réagit au montant et te demande un geste. À la fin, tu demandes ton feedback : as-tu justifié, hésité, cédé trop vite ? Pour l'étape d'après, quand le client connaît ton prix et négocie, passe en mode Négociation : il défend une limite cachée, tu vois ta remise maximum, et le débrief note l'accord obtenu puis révèle jusqu'où il pouvait aller.
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Comment tenir son prix quand le prospect demande une remise ?
Contexte : Nadia, formatrice indépendante, propose à une responsable RH une formation à la prise de parole pour 8 managers, 2 jours, 4 800 €. Le montant vient d'être annoncé.
RH : 4 800 €… On avait plutôt en tête 3 500. Vous pouvez faire un effort ?
Nadia : Je comprends. Les 3 500, c'est un budget déjà fixé, ou une comparaison avec une autre proposition ?
RH : Un peu les deux. Un organisme nous a proposé 3 500 pour deux jours aussi.
Nadia : D'accord. Dans leur proposition, les managers s'entraînent en individuel, filmés, ou c'est surtout de l'apport en groupe ?
RH : Je crois que c'est plutôt en groupe, avec un support.
Nadia : C'est la différence principale. Chez moi, chaque manager passe quatre fois devant la caméra avec un retour individuel. C'est ce qui fait qu'ils changent vraiment leur façon de parler en réunion, et c'est ce que vous m'avez dit vouloir tout à l'heure. Ça vous paraît important ?
RH : Oui, c'est justement ce qui manquait la dernière fois. Mais 1 300 € d'écart, je vais devoir le justifier à ma direction, et eux ne verront que deux jours contre deux jours.
Nadia : Qu'est-ce qu'il faudrait mettre sous les yeux de votre direction pour que l'écart se comprenne ?
RH : Le détail par manager, je pense. Qu'ils voient ce que chacun a en plus.
Nadia : Je vous fais une page qui compare les deux formats manager par manager : temps de passage, nombre de retours individuels.
RH : Ça m'aiderait, oui. Mais ça ne changera pas le montant.
Nadia : Sur le montant, je préfère garder ce format et vous proposer deux options. Soit le programme complet à 4 800 €. Soit une version à 3 900 € sur une journée et demie, avec trois passages caméra au lieu de quatre. Laquelle colle le mieux à ce que vous visez ?
RH : Si on garde les quatre passages… Je peux défendre 4 800 si c'est facturé sur deux exercices budgétaires ?
Nadia : Oui, on peut facturer la moitié en décembre et l'autre en janvier. On part là-dessus ?
RH : On part là-dessus.
Ce que Nadia fait bien : elle creuse avant de répondre (budget fixé ou comparaison ?), ramène la différence à un besoin que la cliente a elle-même exprimé, puis n'offre une baisse qu'avec un périmètre réduit. Quand l'objection revient sous une autre forme (« je dois le justifier à ma direction »), elle ne répète pas son argument : elle demande ce qu'il faut à la RH pour le défendre et le lui fournit. Elle ne cède jamais du prix sans rien retirer, et quand la vraie contrainte apparaît (le budget annuel), elle y répond par l'échéancier, pas par une remise. D'autres réponses dans comment répondre à « c'est trop cher » et à « j'ai pas le budget ».
Rejouer cet appel face à un prospect IA →
Faut-il afficher son prix, et quand l'augmenter ?
| Type d'offre | Affichage conseillé | Pourquoi |
|---|---|---|
| Offre simple, prix bas, sans sur-mesure | Prix exact | Filtre les demandes, évite des appels sans issue |
| Accompagnement ou mission de quelques milliers d'euros | Fourchette (« de 900 à 2 500 € selon le format ») | Rassure sans figer, garde le détail pour l'appel |
| Mission sur mesure, grand compte | « À partir de » ou sur devis | Un montant hors contexte paraît toujours cher |
Quand augmenter : quand presque tous tes prospects qualifiés signent sans discuter le montant, ou quand ton agenda est plein plusieurs semaines à l'avance. Augmente par paliers, par exemple 15 à 25 %, sur les nouveaux clients seulement. Ensuite, lis les motifs de refus : s'ils parlent de ton manque de références, il te faut de la preuve, pas une baisse. S'ils ne parlent jamais du montant, le prix n'était pas le sujet (voir pourquoi personne n'achète ton offre).
Les erreurs de prix les plus fréquentes
- Oublier les charges. Diviser le revenu net visé par les jours donne un prix trop bas d'un bon quart ou plus.
- Surestimer sa capacité. Compter 20 clients en parallèle quand on en suit bien 8.
- Copier le prix d'un concurrent sans savoir ce qu'il inclut ni à qui il vend.
- Baisser sans contrepartie au premier « c'est cher ». Tu apprends au client que ton prix est négociable.
- Annoncer le prix avant la valeur. Un montant donné avant que le prospect ait dit ce que lui coûte son problème paraît cher par défaut.
Quel exercice faire avant ton prochain rendez-vous ?
- Remplis le calcul du plancher avec tes vrais chiffres, charges comprises (15 minutes).
- Écris la valeur que ton offre crée pour ton client type sur un an, en euros ou en heures.
- Dis ta phrase de prix dix fois en t'enregistrant, suivie de cinq secondes de silence. Critère : aucun « mais » après le montant.
- Prépare ta réponse à « vous pouvez faire un effort ? » : une question pour creuser, puis une option à périmètre réduit.
- Joue la négociation face à un proche ou un prospect simulé, trois fois de suite.
Que lire ensuite ?
Annoncer son prix sans trembler
VenteVendre un accompagnement à 2 000 €
FreelanceAppel découverte freelance
NégociationNégocier avec Chris Voss
Un prix se calcule au calme, il se joue en trois secondes
Tu peux passer des heures sur ton tableur : la vente se décide au moment où tu dis le montant et dans le silence qui suit. Répète ce moment à voix haute face à un prospect IA qui négocie, jusqu'à ce qu'il ne te coûte plus rien.
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Questions fréquentes
Comment fixer le prix de son offre quand on débute ?
Pars du revenu que tu vises, pas d'un taux horaire. Ajoute tes charges et cotisations, divise par le nombre de clients ou de jours que tu peux réellement vendre : c'est ton prix plancher. Vérifie ensuite qu'il reste nettement inférieur à ce que ton travail rapporte au client, puis compare-le à une dizaine d'offres concurrentes.
Comment calculer son TJM de freelance ?
Additionne le revenu net visé sur l'année, tes cotisations et tes frais, puis divise par tes jours réellement facturables : un cadre salarié au forfait travaille au plus 218 jours par an, et un freelance n'en facture qu'une partie, le reste part en prospection, administratif et intercontrats. Le baromètre des tarifs publié par Malt donne ensuite un repère de marché par métier.
Est-ce qu'un prix trop bas fait fuir les clients ?
Sur un service dont on ne peut pas juger la qualité avant de l'avoir acheté, comme un accompagnement ou une mission de conseil, le prix sert de signal. Un tarif très en dessous du marché fait naître un doute, et attire souvent les clients les moins engagés.
Faut-il afficher son prix sur son site ?
Pour une offre simple et peu chère, l'afficher filtre les demandes. Pour une offre sur mesure ou au-delà de quelques milliers d'euros, une fourchette (« de 900 à 2 500 € selon le format ») rassure sans figer, et le prix exact se donne en rendez-vous, une fois le besoin compris.
Que répondre quand un prospect demande une remise ?
Ne baisse jamais sans contrepartie. Demande d'abord ce qui bloque (trésorerie, comparaison, doute). Si c'est la trésorerie, étale le paiement. Si tu acceptes une baisse, retire quelque chose du périmètre ou obtiens un engagement en échange : durée, paiement comptant, témoignage.
Quand augmenter ses prix ?
Quand presque tous tes prospects qualifiés disent oui sans discuter le montant, ou quand ton agenda est plein. Augmente par paliers, sur les nouveaux clients seulement, et observe les motifs de refus sur les vingt rendez-vous suivants.
Comment s'entraîner à annoncer un prix élevé ?
Répète la phrase exacte à voix haute jusqu'à ce que ta voix ne bouge plus : seul, un enregistrement suffit. L'étape suivante, c'est d'entendre la contre-offre (« un autre organisme me le fait à 3 500 ») et de tenir ton prix sans réfléchir, ce qu'un proche joue rarement avec conviction. ClosR sert à ça : tu écris la situation, un prospect IA vocal compare ton tarif à un concurrent et demande un geste, puis ton feedback relève si tu as justifié, hésité ou cédé. Pour répéter une négociation de prix à voix haute en français, on n'a pas trouvé plus proche d'un vrai rendez-vous. Dès 19 € par mois.

