Compétence clé · 12 min de lecture

Annoncer son prix : les phrases exactes, sans bafouiller ni se justifier

Le moment où la voix monte, où le débit s'accélère et où l'on propose une remise que personne n'a demandée. Voici quand annoncer ton prix, comment le dire selon ton métier, et que faire de la réaction du prospect.

La réponse en 30 secondes

Annonce ton prix après la découverte, jamais avant d'avoir compris le besoin. Relie d'abord ton offre à ce que le prospect a dit, puis dis le prix en une phrase courte, sur le même ton que tu donnerais une heure de rendez-vous : « Pour les trois mois, c'est 1 800 €. » Ensuite, tais-toi. Pas d'excuse, pas de justification, pas de remise spontanée : le prochain qui parle, c'est le prospect.

Pourquoi on bafouille au moment d'annoncer son prix

Tu sais que le chiffre peut déclencher un refus. Ton corps réagit avant toi, et le prospect entend tout :

Ce que le prospect en conclut n'a rien à voir avec ton offre : si tu n'as pas l'air sûr de ton prix, il se dit qu'il est négociable, ou trop élevé. Souvent, le problème de fond est ailleurs : un prix que tu ne trouves pas juste toi-même. Si c'est ton cas, commence par fixer le prix de ton offre.

Quand annoncer ton prix pendant l'appel ?

Dans un appel de vente, le prix arrive après trois choses :

  1. La découverte : tu connais le problème du prospect et, idéalement, ce qu'il lui coûte (en argent, en temps, en stress). Les questions pour y arriver sont dans les questions d'un plan de découverte.
  2. La reformulation validée : « Si je résume… c'est bien ça ? » « Oui. »
  3. La présentation reliée : deux ou trois éléments de ton offre, chacun relié à une phrase du prospect.

Annoncé avant, ton prix est comparé à un chiffre imaginaire. Annoncé après, il est comparé à un problème que le prospect vient de chiffrer lui-même. C'est l'effet d'ancrage décrit par Tversky et Kahneman (Science, 1974) : une estimation reste tirée vers le premier chiffre qu'on a en tête, même quand ce chiffre n'a rien à voir avec la question. Le déroulé complet d'un appel est dans le closing expliqué aux débutants.

Que répondre quand le prospect demande le prix tout de suite ?

« C'est combien ? » dès la première minute : c'est fréquent, et esquiver crée de la méfiance. Réponds, mais avec une fourchette et une raison de continuer.

« Selon ce dont vous avez besoin, c'est entre 1 500 et 3 000 €. Pour vous donner le bon chiffre, j'ai besoin de trois minutes pour comprendre votre situation. Je peux vous poser quelques questions ? »

Si le prospect insiste pour un chiffre précis, donne ton offre la plus demandée : « La plupart de mes clients prennent la formule à 1 800 €. » Puis reviens aux questions. S'il n'est intéressé que par le prix, tu l'as appris en une minute, ce qui est aussi une information utile.

Les 4 règles d'une annonce de prix qui passe

1. Relier avant de chiffrer

Juste avant le chiffre, rappelle en une phrase ce que le prospect obtient, avec ses mots. Pas une plaquette : une phrase.

« Vous m'avez dit que vous perdiez deux chantiers par mois faute de relance. L'outil relance automatiquement chaque devis à J+3 et J+10. L'abonnement est de 49 € HT par mois. »

2. Une phrase courte, un chiffre net

Durée ou périmètre, puis le prix. Pas de « à partir de » si tu connais le prix exact, pas de centimes inutiles, pas de « environ ».

« Pour les trois mois d'accompagnement, c'est 1 800 €. »

3. Le ton d'une information, pas d'une confession

Dis le prix exactement comme tu dirais « on se voit lundi à 14 h » : posé, intonation descendante, sans accélérer. Enregistre-toi : si tu entends une différence entre les deux phrases, recommence.

4. Ne pas ajouter de solution avant la réaction

Le paiement en plusieurs fois, les options, la garantie : tout ça existe peut-être, mais ne le propose pas avant que le prospect ait réagi. Sinon, tu réponds à une objection qu'il n'a pas faite, et tu lui suggères qu'il y en a une.

À direÀ éviterPourquoi
« Pour les trois mois, c'est 1 800 €. »« C'est juste 1 800 €. »« Juste » minimise, donc suggère que c'est trop
« Le tarif est de 650 € HT par jour. »« Alors, euh, je facture en général autour de… »L'hésitation invite la négociation
« C'est 1 800 €. » puis silence« C'est 1 800 €, mais on peut faire en plusieurs fois, et si vous signez aujourd'hui… »Tu proposes une concession avant même que le prospect ait réagi
« Mes honoraires sont de 5 % TTC du prix de vente. »« Je sais que ça peut paraître élevé, mais… »Tu valides l'objection avant qu'elle existe

6 formulations pour annoncer son prix, selon ton métier

1. Accompagnement ou coaching

« Tu m'as dit que tu voulais signer deux clients de plus par mois sans y passer tes soirées. On le travaille sur trois mois, avec une séance par semaine et un suivi de tes chiffres. C'est 1 800 €. »

2. Freelance ou consultant (tarif journalier)

« Pour ce que vous m'avez décrit, j'estime la mission à huit jours. Mon tarif est de 650 € HT par jour, soit 5 200 € HT. »

3. Commercial B2B, abonnement

« Pour vos douze commerciaux, avec l'intégration à votre CRM, l'abonnement est de 1 440 € HT par mois, engagement d'un an. »

4. Agent immobilier, honoraires

« Mes honoraires sont de 5 % TTC du prix de vente, à la charge de l'acquéreur, et je ne suis payé que si la vente est signée chez le notaire. »

En immobilier, la formulation n'est pas libre : les honoraires s'affichent TTC, avec la mention de qui les paie, et ceux à la charge de l'acquéreur s'expriment en pourcentage du prix hors honoraires (arrêté du 10 janvier 2017, résumé par l'Institut national de la consommation). Annonce à l'oral exactement ce qui figure sur ton barème.

5. Conseiller en assurance, prime

« Pour les garanties dont on vient de parler, la cotisation est de 42 € par mois. »

6. Formation, avec comparaison au coût du problème (si le prospect l'a chiffré)

« Tu m'as dit que chaque mois sans nouveau client te coûte environ 3 000 €. La formation, c'est 900 €. »

La sixième formulation ne marche que si le chiffre vient du prospect. Si c'est toi qui l'inventes (« ça va te rapporter 100 000 € »), elle sonne comme une promesse de vendeur et déclenche la méfiance.

Annonce ton prix face à un prospect qui réagit mal

Sur ClosR, écris la situation (« le prospect trouve le prix trop élevé » ou « il demande une remise »), lance un appel de vente, et vois si tu tiens le silence. Le feedback te montre ce que tu as dit juste après le chiffre. Si c'est une remise qu'il demande, choisis plutôt le mode Négociation : le prospect connaît déjà ton offre et négocie avec une feuille de route cachée (sa limite, son vrai besoin, son alternative), tu vois ta remise maximum, et le débrief reprend tes concessions puis te révèle sa feuille.

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Silence ou sandwich : quelle école choisir ?

Deux conseils opposés circulent dans les formations et les livres de vente. Aucun n'a été départagé par une étude publique : choisis selon le contexte.

Le silenceLe sandwich
PrincipeAnnoncer le prix, puis se taire jusqu'à ce que le prospect parleAnnoncer le prix entre deux phrases de valeur, sans laisser de blanc
Exemple« C'est 1 800 €. » (silence)« L'accompagnement dure trois mois. C'est 1 800 €, avec le suivi hebdomadaire et l'accès à la communauté. »
ForceTe protège de la justification, fait réagir le prospectÉvite le malaise du blanc, garde la valeur dans l'oreille
RisqueSilence trop long qui devient un rapport de forceParler pour éviter la réaction, et ne jamais savoir ce que pense le prospect
QuandAppel de closing, vente en un appel, offre pour un particulier ou un indépendantB2B avec devis détaillé, prix en plusieurs lignes, rendez-vous où le prospect lit en même temps

Dans un appel de closing, le silence est le choix le plus sûr : quand on débute, « enchaîner » après le prix glisse vite vers la justification. Si le blanc dure vraiment, tu peux le rompre avec une question ouverte, jamais avec une remise : « Qu'est-ce que vous en pensez ? ». Pour tenir le silence, lis le silence dans un appel de vente.

Les réactions du prospect après l'annonce, et quoi répondre

RéactionCe que ça veut souvent direTa réponse
« D'accord. »Pas d'objection sur le prixPasse à la décision : « Est-ce que vous voulez qu'on démarre ? »
Un long silenceIl calcule ou relit mentalementAttends. Puis, si besoin : « Qu'est-ce que vous en pensez ? »
« C'est cher. »Constat, pas forcément refus« Cher par rapport à quoi ? » Voir répondre à « c'est trop cher »
« Je n'ai pas le budget. »Trésorerie, ou manière polie de dire non« Pas le budget du tout, ou pas ce mois-ci ? » Voir « j'ai pas le budget »
« Vous pouvez faire un effort ? »Réflexe de négociation, ou test« Qu'est-ce qui vous ferait dire oui aujourd'hui ? » puis contrepartie si tu cèdes quelque chose
« Un concurrent est moins cher. »Comparaison, souvent sur un périmètre différent« Qu'est-ce qui vous a fait ne pas le choisir ? » Voir « pourquoi vous et pas un autre »
« On peut payer en plusieurs fois ? »Signal d'achat« Oui, en trois fois. Ça vous convient ? » puis décision

Sur la remise : si tu accordes quelque chose, demande toujours une contrepartie (engagement plus long, paiement comptant, démarrage immédiat). Une remise gratuite apprend au prospect que ton prix d'affichage n'était pas le vrai. La méthode pour traiter chaque objection est dans la méthode CRAC.

Un dialogue complet commenté

Contexte : Aïcha, graphiste freelance, propose la refonte de l'identité visuelle d'une boulangerie qui ouvre une deuxième boutique. Le gérant, Antoine, a expliqué qu'il voulait une identité reconnaissable dans les deux quartiers avant l'ouverture, dans deux mois.

Aïcha : Si je résume : vous ouvrez la deuxième boutique le 1er décembre, vous voulez que les clients reconnaissent la maison dans les deux quartiers, et aujourd'hui votre logo ne tient pas sur les sacs ni sur l'enseigne. C'est bien ça ?

Antoine : C'est exactement ça.

Aïcha : Je vous propose donc un logo décliné pour l'enseigne, les sacs et les réseaux, et une charte simple pour que votre équipe l'applique seule. Livraison mi-novembre, avant l'ouverture. C'est 2 400 € HT.

(Silence. Aïcha ne dit rien.)

Antoine : Hmm. J'avais en tête quelque chose autour de 1 000 €.

Aïcha : D'accord. Ce chiffre de 1 000 €, il vient d'où ?

Antoine : Un ami m'a fait faire un logo pour ce prix-là. Mais c'était juste le logo, maintenant que j'y pense.

Aïcha : Donc la question, ce n'est pas vraiment le prix du logo, c'est de savoir si vous avez besoin de toute la déclinaison ou du logo seul. C'est ça ?

Antoine : Oui. Il me faut l'enseigne et les sacs, c'est sûr. Les réseaux, je peux attendre.

Aïcha : Alors deux options : tout le périmètre pour 2 400 € HT, ou le logo, l'enseigne et les sacs pour 1 900 € HT, et les réseaux plus tard. Laquelle vous convient ?

Antoine : Les 1 900… Mais si le logo ne me plaît pas, je fais quoi ?

Aïcha : Qu'est-ce qui vous fait craindre ça ?

Antoine : Celui de mon ami, je l'ai trouvé fade. Et il n'a rien voulu reprendre.

Aïcha : Le devis prévoit deux pistes au départ et deux séries de retouches. Vous choisissez la piste avant que je décline quoi que ce soit sur l'enseigne ou les sacs. Ça vous rassure ?

Antoine : Oui, là c'est clair. Va pour les 1 900, et on fera les réseaux au printemps.

Aïcha : Parfait. Je vous envoie le devis cet après-midi, avec un acompte de 30 % pour réserver le créneau de novembre.

Ce que Aïcha ne fait pas : baisser son tarif. Elle relie son offre aux mots d'Antoine, annonce 2 400 € HT en une phrase et se tait. Face au « j'avais en tête 1 000 € », elle ne baisse pas son prix : elle cherche d'où vient le chiffre, découvre que la comparaison porte sur un périmètre différent, et ajuste le périmètre, pas le tarif. Le prix par élément reste le même.

Rejouer cet appel face à un prospect IA →

Quatre autres phrases à bannir au moment du prix

  1. « Alors, ça serait… » : le conditionnel invite à négocier.
  2. « Normalement c'est 5 000 €, mais pour vous… » : si c'est faux, c'est un mensonge ; si c'est vrai, ton prix affiché ne veut plus rien dire.
  3. « On peut s'arranger. » dit avant toute réaction : tu ouvres une négociation que personne n'a demandée.
  4. « Voilà, voilà. » : la phrase qui comble le silence, et qui te fait reprendre la parole au pire moment.

L'exercice à voix haute : 15 minutes par jour pendant 5 jours

  1. Écris ta phrase de prix : une phrase de lien (« vous m'avez dit que… »), puis le périmètre et le chiffre.
  2. Dis-la vingt fois en t'enregistrant. Tu cherches une intonation descendante, aucun « euh », le même débit que « on se voit lundi à 14 h ».
  3. Ajoute cinq secondes de silence après chaque annonce, en comptant dans ta tête. Si tu reprends la parole avant la fin, recommence.
  4. Joue les réactions du tableau ci-dessus avec un binôme ou un prospect simulé : « c'est cher », « vous pouvez faire un effort ? », « un concurrent est moins cher ». Ta première phrase après chaque réaction doit être une question.
  5. Le cinquième jour, joue deux appels complets. Réécoute seulement les dix secondes qui suivent ton prix.

Pour un programme plus complet, lis l'entraînement au closing. Et pour la suite de l'appel, les techniques de closing te donnent les formulations de la question de décision.

Dis ton prix à voix haute avant de le dire pour de vrai

Lance un appel de vente sur ClosR avec ton offre et ton vrai prix. Le prospect IA réagit à ton annonce, et le débrief te montre ce qui a manqué, phrases à l'appui.

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Pour aller plus loin : un argument CAP avant le prix · cinq premiers appels ratés, appel par appel · négocier le prix avec les techniques de Chris Voss · annoncer un accompagnement à 2 000 €.

Questions fréquentes

Comment annoncer son prix à un client ?

Après avoir compris son besoin et fait valider ta reformulation, relie ton offre à ce qu'il a dit, puis annonce le prix en une phrase courte, sur un ton neutre et descendant, sans t'excuser ni te justifier. Par exemple : « Pour les trois mois d'accompagnement, c'est 1 800 €. » Ensuite, tais-toi et laisse-le réagir.

Faut-il annoncer le prix au début ou à la fin de l'appel ?

Après la découverte, dans la plupart des cas. Annoncé trop tôt, le prix est comparé à un chiffre imaginaire, pas à la valeur pour le prospect. Si on te le demande dès le début, donne une fourchette honnête et explique que tu préfères comprendre sa situation avant de préciser.

Que répondre quand un prospect demande le prix tout de suite ?

Ne l'esquive pas, ça crée de la méfiance. Réponds avec une fourchette et une raison : « Selon ce dont vous avez besoin, entre 1 500 et 3 000 €. Pour vous donner le bon chiffre, j'ai besoin de trois minutes pour comprendre votre situation. Je peux vous poser quelques questions ? »

Faut-il se taire après avoir annoncé le prix ?

Dans un appel de closing, oui : le silence laisse le prospect réagir et t'empêche de te justifier. En B2B, quand le prix est accompagné d'un devis détaillé, certains vendeurs enchaînent sur ce qu'il comprend (la technique du sandwich). Dans les deux cas, la règle est la même : jamais d'excuse ni de remise spontanée.

Faut-il dire « investissement » plutôt que « prix » ?

Ce n'est pas le mot qui compte. « Investissement » est devenu tellement courant dans la vente de coaching que beaucoup de prospects l'entendent comme une formule commerciale. Un mot simple et assumé (« c'est 1 800 € ») vaut mieux qu'un euphémisme.

Que faire si le prospect demande une remise ?

Cherche d'abord pourquoi : trésorerie, comparaison, doute sur le résultat. Si c'est la trésorerie, propose un étalement réel. Si tu accordes quelque chose, demande une contrepartie (engagement plus long, paiement comptant, signature aujourd'hui). Une remise sans contrepartie apprend au prospect que ton prix se négocie.

Comment s'entraîner à annoncer son prix sans trembler ?

Dis ta phrase de prix vingt fois à voix haute en t'enregistrant, puis joue des appels complets face à quelqu'un qui réagit mal au chiffre. Un proche qui joue le prospect finit souvent par accepter ton prix pour te faire plaisir. Avec ClosR, tu écris la situation (« le prospect trouve le prix trop élevé »), un prospect IA vocal en français réagit à ton annonce sans complaisance, et le feedback de fin d'appel reprend ce que tu as dit juste après le chiffre. Pour travailler précisément ces dix secondes, c'est l'outil le plus direct. À partir de 19 € par mois, sans engagement.